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Le souffle du désert

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Le souffle du désert


Réalisateur : François Kohler (CH)
Scénario :
Durée : 1h. 20min. (+ 52min. de bonus dont un entretien avec Guy Corneau)
Interprètes : 13 hommes d’origine francophones
Musique : Anthony Rozankovic
Année de production : 2005

Genre : Documentaire


L’histoire : aux portes du Sahara, plus exactement au pied du Grand Erg Oriental tunisien, 13 hommes – suisses, français, belges et québécois – progressent dans le désert accompagnés d’un animateur de groupe et de 10 chameliers. Ce périple de 15 jours les verra progresser entre steppes, dunes de sable et plateaux rocheux, soumis aux vents de sable, à l’intense chaleur du jour et aux températures glaciales de la nuit.
A ce cheminement physique vient s’en ajouter un autre, plus émotionnel, au cœur de l’identité masculine. Aux quatre à cinq heures de marche matinale succède en effet chaque jour, après l’installation du bivouac, une exploration de la masculinité contemporaine basée sur le parcours de vie des participants. L’animateur stimule alors la dynamique de groupe et aide chacun à approfondir ses propres questionnements, autour de la paternité, de la sexualité, du rapport aux femmes, de la violence ou des dépendances. Ces échanges se prolongent le soir autour du feu et se terminent souvent par des danses et des chants au son de la musique des hommes du désert.
Les bivouacs à la belle étoile, la puissance des sites découverts, l’énergie du désert et le soutien de l’animateur incitent peu à peu les participants à se livrer, à se mettre à nu.
Un voyage à la fois physique et intime, une quête intense de l’identité masculine.


Bon à savoir : François Kohler a fait ses classes en cinéma à l'Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) de Bruxelles. Il travaille depuis 20 ans à titre d’auteur, de réalisateur et de producteur pour le cinéma et la télévision.

Pourquoi ce film?
« J’ai toujours été intéressé par la question de l’identité masculine. Je pense que les hommes se réfugient derrière une façade virile qui les empêche d’exprimer leurs émotions, d’entrer en communication intime avec les autres hommes, par peur de baisser la garde. Ce qui les conduit à ne partager leur intimité qu’avec les femmes et dans des rapports souvent conflictuels.
Dans le cadre de mes réflexions, j’ai participé en novembre 2002 à un trekking organisé par le «Réseau Hommes International» initié par le psychanalyste québécois Guy Corneau. L’activité proposait de réunir des hommes de différentes nationalités dans le désert pour partager durant deux semaines, librement et sans encadrement, des préoccupations typiquement masculines, souvent taboues. Au niveau personnel, ce fut une expérience très forte. Etant cinéaste, j’ai eu le désir d’en faire un film pour le grand public. »

Qu’apporte-t-il sur la question de l’identité masculine?
« Je pense que le naturel de la force, de la sincérité et de la franchise des témoignages est assez inédit au cinéma. A l’exemple de ces deux participants qui avouent avoir eu peur un jour de rester prisonnier du sexe féminin. Ou encore de cet autre protagoniste qui écrit une lettre à sa mère pour lui avouer son envahissement et ses conséquences sur sa difficulté à répondre aux désirs exprimés des femmes. Ces témoignages expriment ce que beaucoup d’hommes vivent au quotidien sans en avoir conscience ou sans forcément réussir à l’exprimer. Notre société idolâtre en effet les valeurs masculines de compétitivité, de pouvoir et de force. »

Et les femmes?
« Ce film montre que les hommes aussi sont capable d’exprimer leur intimité et de la communiquer. Je pense que les femmes y seront sensibles, car elles souffrent elles aussi des incompréhensions qu’ont les hommes sur leur condition masculine. Si Le souffle du désert est un film avec des hommes qui ont besoin d’être entre hommes pour pouvoir évoquer des problèmes d’hommes, il montre également que cette démarche peut rejaillir sur l’ensemble des rapports sociaux, et notamment sur ceux qui lient les hommes et les femmes. »
Voir la suite et la bande-annonce

Les Faiseurs de Suisses

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Les Faiseurs de Suisses

(Die Schweizermacher)

Réalisateur : Rolf Lyssy (CH)
Scénario : Christa Maerker et Rolf Lyssy
Durée : 1h. 41min.
Interprètes : Walo Lüönd et Emil Steinberger
Musique : Jonas C. Haefeli
Année de production : 1978

Genre : comédie (nationale)

L’histoire : « ne jamais oublier une chose: devenir Suisse n’est pas un droit, mais un honneur ! Et que les choses soient bien claires, nous estimons qu’une personne, qui veut devenir Suisse, doit s’adapter à ce mode de vie… »

Max Bodmer (Walo Lüönd) et Moritz Fischer (Emil Steinberger), sont des inspecteurs de la police cantonale zurichoise. Véritable connaisseur en la matière pour devenir un Suisse et être Suisse, ces fonctionnaires helvétiques modèles ne connaissants pas d’heure pour épier les potentiels candidats à la citoyenneté suisse.
Chargés d’examiner à la loupe et dans son intégralité la situation des prétendants à la naturalisation, la tactique de ces employés de l’Etat est de prendre par surprise les postulants (visite imprévue, interrogatoire étonnant, surveillance périodique).
De tels processus de vérification se découvrent au cours des rencontres avec un psychiatre allemand et sa femme, un pâtissier italien et une danseuse de ballet yougoslave.

Car tout étranger n’est pas capable de faire un bon Suisse ! Quiconque veut acquérir la nationalité de La Suisse, pays le plus beau, le plus propre et le plus riche du monde, doit s'en montrer digne ; c'est-à-dire, conforme à l'image que les autorités se font des citoyens autochtones.

Les pratiques désirées ou indésirables avec Bodmer et Fischer, experts en matière de moralité, relèvent de la fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ne peut cependant être exclue…

Bon à savoir : né à Zurich en 1936, Rolf Lyssy débute dans la réalisation, après une expérience de chef opérateur, avec « Eugen heisst wohlgeboren » (1968), une comédie ironique rejetée par le public et la critique. Son court métrage « Vita Parcur » (1970) choque la pudibonderie des observateurs. Son film suivant « Konfrontation » (1975) est une investigation sans concessions dans le passé de la Suisse au temps des nazis, une fiction documentaire qui fait sensation. Après « Die Schweizermacher » (1978), il réalise trois autres films de fiction : « Kassettenliebe » (1981), « Teddy Bär » (1983) et « Leo Sonnyboy » (1990). Il tourne « Un tambour dans le désert » (« Ein Trommler in der Wüste », (1992), un film documentaire sur son propre frère qui vit dans un kibboutz depuis trente ans. Et en 1995, il effectue une œuvre de réflexion sur le fonctionnement de la justice « Ein klarer Fall. »

« Pour nous résumer... dans notre pays, chacun est le bienvenu, que ce soit en tant que touriste ou travailleur. Nous acceptons recevoir tous étrangers d’où qu’ils viennent.
Toutefois, le cas est différent lorsqu’il veut définitivement vivre dans notre pays, lorsqu’il demande la citoyenneté suisse. Il faut qu’il accepte de s’adapter à notre pays, de s’intégrer à notre peuple.
Il est à se souvenir la célèbre phrase d’un de nos anciens chef de police : « nous estimons que l’assimilation d’un étranger est assurée à partir du moment où cette personne vit assez longtemps, chez nous, sans se faire remarquer. »
Voici quelque qualité dont doit faire preuve un étranger vivant dans notre pays avant de devenir un véritable citoyen suisse : neutre, intègre, solide, contentieux, honnête, intègre (déjà dit !), propre, simple, scrupuleux, etcetera. »

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Das Fräulein

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Das Fräulein

Réalisateur : Andrea Štaka (CH-DE)
Scénario : Barbara Albert, Marie Kreutzer et Andrea Štaka
Durée : 1h. 16min.
Interprètes : Mirjana Karanović, Ljubica Jović et Marija Škaričić
Musique : Peter de Siebenthal, Till Wyler, Daniel Jakob
Année de production : 2006

Genre : Drame

L’histoire : de nos jours à Zürich. Ruža (Mirjana Karanović), la cinquantaine conduit avec un cœur de pierre une cantine d'entreprise dont elle est propriétaire. Ne voulant plus retourner dans sa Serbie natale, elle se consacre qu’à ses affaires qui connaissent un succès financier certain.

Mila (Ljubica Jović), la soixantaine est son employée depuis l’ouverture du restaurant. Tout le contraire de Ruža, elle vit en Suisse depuis des dizaines d'années et travaille dur afin de réaliser son rêve: une maison en Croatie.

La routine des deux femmes à la cantine est chahutée par l’arrivée d’Ana (Marija Škaričić), dans la vingtaine. Venu de Sarajevo, cette jeune femme bien vivant est décidée de mordre la vie à pleine dent.
Nonobstant cette joie de vivre, se cache un désarroi qui la pousse à aller toujours de l’avant sans vraiment connaître sa destination. L’empreinte de la guerre en Bosnie est trop vive pour pouvoir s’en défaire, elle fuit son passé.

Et pourtant, Ana agit par des faits simples et touchants. Son humanité trouble les deux dames.

Bon à savoir : après le succès de «Hotel Belgrad» (court-métrage) et «Yugodivas» (documentaire), la réalisatrice Andrea Štaka a remporté avec son premier long-métrage, «Mademoiselle», le Léopard d'or pour le meilleur film du Festival de Locarno en 2006.
Andrea Štaka porte un regard intime sur trois femmes indépendantes actuellement domiciliées en Suisse, originaires de trois régions différentes d'un pays qui n'existe plus, l'ex-Yougoslavie. « Das Fräulein » décrit le déracinement et la nostalgie propres à une époque où un nombre croissant de personnes - voyageurs, expulsés ou simplement apatrides - se déplacent parmi des cultures, religions et pays différents.

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